1,8 million de bâtiments d'habitation, parts mazout/gaz/PAC, écart ville-campagne : que retenir des chiffres 2024.
À quoi servent les statistiques de chauffage ?
Les statistiques du parc bâti répondent d'abord à des questions de politique énergétique et d'aménagement du territoire : où persistent les chauffages au mazout, comment se diffuse la pompe à chaleur, comment se répartit le gaz entre centres urbains et campagnes. Pour le propriétaire ou le locataire, elles aident à situer un projet : vous n'êtes pas seul à hésiter entre rénovation partielle et saut technologique ; en même temps, une moyenne nationale masque des écarts énormes entre un immeuble des années 1970 à La Chaux-de-Fonds et une maison récente sur le Plateau.
La bonne utilisation des chiffres consiste à les lire comme un contexte, pas comme une norme de consommation ou de performance à atteindre sur votre adresse. La consommation réelle dépend de l'enveloppe, du comportement d'occupation, du métier et du climat local.
Le parc en 2024 : ordres de grandeur publiés par l'OFS
Selon la statistique des bâtiments et des logements pour l'année 2024, la Suisse comptait environ 1,8 million de bâtiments à usage d'habitation et 4,84 millions de logements. Ces volumes donnent l'échelle du pays : chaque point de pourcentage représente des dizaines de milliers de bâtiments ou de ménages.
Pour le chauffage, le communiqué officiel distingue clairement les niveaux « bâtiment » et « ménage » : les parts ne sont pas interchangeables, car un même bâtiment peut regrouper plusieurs ménages et les sources d'énergie sont parfois attribuées au niveau du bâtiment dans les enquêtes.
En 2024, la Suisse comptait 1,8 million de bâtiments à usage d'habitation et 4,84 millions de logements. 35 % des bâtiments étaient chauffés au mazout et 17 % au gaz. Un cinquième des ménages (20 %) disposait d'une pompe à chaleur ; 28 % des maisons individuelles étaient équipées d'une pompe à chaleur.
Office fédéral de la statistique, communiqué sur la statistique des bâtiments et des logements 2024 (sept. 2025) : https://www.bfs.admin.ch/bfs/en/home/statistics/catalogues-databases.assetdetail.36141952.html
Fossiles : mazout encore majoritaire, gaz très contrasté ville-campagne
Les données 2024 indiquent que 52 % des bâtiments d'habitation étaient chauffés avec des énergies fossiles (mazout et gaz). Le mazout reste la source la plus fréquente au niveau bâtiment avec 35 % des bâtiments, dans une dynamique de long terme à la baisse sur plusieurs décennies selon l'OFS. Le gaz représente 17 % des bâtiments, avec une variabilité forte : les communautés urbaines affichent une part nettement plus élevée de chauffages au gaz que les régions rurales (l'ordre de grandeur publié est d'environ 29 % en milieu urbain contre environ 4 % en milieu rural).
Ce contraste urbain-rural structure aussi les débats locaux sur les réseaux, les contraintes d'implantation et les alternatives à la chaudière gaz lorsque le réseau existe déjà dans la rue.
Pompe à chaleur : diffusion rapide, poids fort dans le neuf récent
La part des bâtiments disposant d'une pompe à chaleur atteint 23 % en 2024 selon les résultats communiqués ; cette part a été multipliée par cinq depuis l'an 2000. Pour les bâtiments construits au cours des dix dernières années, les statistiques publiées indiquent qu'environ trois quarts étaient équipés d'une pompe à chaleur : le neuf récent ancre fortement la technologie, même si le parc existant reste dominé par d'autres sources.
Au niveau des ménages, 20 % vivaient en 2024 dans un logement avec pompe à chaleur ; pour les maisons individuelles, 28 % étaient équipées d'une pompe à chaleur. Ces écarts entre indicateurs montrent l'intérêt de toujours vérifier si un tableau de bord parle du bâtiment, du logement ou du ménage.
Bois, électricité et autres modes
Les communiqués officiels placent le bois à 12 % des bâtiments et l'électricité comme source principale de chauffage à 7 % des bâtiments. Ces postes regroupent des réalités techniques différentes (poêle, chaudière bois, chauffage électrique à résistance ou à accumulation) et ne peuvent pas être confondus du point de vue des subventions ou des prescriptions cantonales de remplacement.
Pour le propriétaire, la leçon est simple : le libellé « statistique » de la source d'énergie ne suffit pas à qualifier un projet de rénovation ; il faut la fiche technique et la réglementation cantonale applicables.
Ménages : une photographie légèrement différente du bâtiment
Au niveau des ménages, 60 % se chauffaient en 2024 avec des énergies fossiles selon les données publiées, dont 35 % au mazout et 25 % au gaz. La proportion de ménages dans un logement avec pompe à chaleur (20 %) n'est pas identique à la part de bâtiments équipés, ce qui illustre la structure du parc (immeubles à plusieurs logements, mixité de sources, etc.).
Cette distinction compte pour l'interprétation des médias et des tableaux comparatifs : un titre sur « les ménages » ne décrit pas exactement la même chose qu'un titre sur « les bâtiments ».
Logement : surfaces moyennes et régions (indicateurs de contexte)
La même vague statistique rappelle que la surface moyenne d'un logement habité se situe autour de 102 m² en Suisse et que la surface moyenne par personne est d'environ 46,6 m², avec des écarts entre grandes régions (par exemple une moyenne par personne plus basse en région lémanique que dans certaines régions de l'est ou du Tessin selon les données détaillées publiées).
Ces indicateurs ne dictent pas le dimensionnement d'une installation ; ils expliquent pourquoi des moyennes nationales de consommation ou de coût ne peuvent pas être recopiées sur une adresse précise sans étude.
Limites méthodologiques : ce que l'enquête ne dit pas
Les statistiques de parc décrivent des équipements et des sources déclarées ou observées selon les règles de l'enquête ; elles ne remplacent pas une visite de rénovation, un calcul de déperditions ou un bilan de puissance. Elles agrègent des bâtiments aux normes de construction très différentes : une pompe à chaleur installée sur un réseau basse température n'a pas la même courbe de performance qu'une installation contrainte par d'anciens radiateurs.
Les séries publiées évoluent avec les définitions et les millésimes : il est sain de relire la note méthodologique lorsque vous comparez deux années dans le temps.
Du national au cantonal : aides et obligations
Les trajectoires nationales éclairent les objectifs politiques ; les décisions de projet passent par le canton : prescriptions de remplacement de chauffage fossile, subventions du Programme Bâtiments, parfois règles communales sur les réseaux de chaleur ou le bruit. Les statistiques aident à comprendre pourquoi les politiques d'aide ciblent certains remplacements, mais le montant et la recevabilité se lisent sur la fiche cantonale du millésime.
Voir aides rénovation 2026 et subventions chauffage en Suisse.
Programme Bâtiments : l'agrégat politique complète le parc
Au-delà du recensement du parc, le dispositif fédéral-cantonal Programme Bâtiments publie des indicateurs d'ensemble sur les subventions versées depuis le lancement du programme pour la rénovation énergétique du bâtiment (plusieurs milliards de francs cumulés selon les bilans nationaux). Ce type d'indicateur mesure l'effort d'encouragement collectif et l'ampleur du dispositif, pas la performance d'un logement individuel ni le montant que vous obtiendrez sur votre dossier cantonal.
Croiser parc statistique et effort de subvention aide à comprendre pourquoi les politiques cantonales et communales poussent simultanément vers le remplacement des chauffages fossiles et vers une meilleure efficacité de l'enveloppe : les deux leviers ne sont pas interchangeables mais complémentaires sur le bilan énergétique du bâtiment.
Le site national du programme décrit la procédure type ; l'article Programme Bâtiments et chauffage fait le lien avec les mesures courantes. Pour le cadre climatique et la stratégie chaleur au niveau fédéral, voir aussi stratégie chaleur et bâtiments.
Ce que vous pouvez faire avec ces chiffres
Utilisez les statistiques pour cadrer un discours : le remplacement de chauffage fossile est une trajectoire nationale, pas une mode passagère ; la pompe à chaleur est devenue un standard dans le neuf récent, ce qui augmente l'offre de compétences et de matériel, sans garantir la faisabilité sur votre bâtiment.
Ensuite, revenez au projet : CECB ou équivalent, températures de départ, réseau électrique, bruit, copropriété le cas échéant. Les statistiques ne remplacent pas cette liste.
Pour un ordre de grandeur budgétaire, le simulateur et la page prix pompe à chaleur restent les outils adaptés au niveau local ; le guide chauffage relie le cadre aux décisions concrètes.
Sources et mises à jour
Les pourcentages et chiffres de parc de cet article sont issus du communiqué de l'OFS sur la statistique des bâtiments et des logements 2024 (publication du 22 septembre 2025). Les séries détaillées et les tableaux par région ou période de construction sont disponibles dans les bases de données de l'OFS et doivent être consultés pour tout usage précisant la méthode ou les définitions.